Aller plus loin que nos évidences, s’ouvrir de nouvelles #perspectives. Voilà le manifeste et la ligne éditoriale de notre magazine en ligne dont nous vous proposons, déjà, le numéro 17. Un travail rapide d’archéologie nous montre que le sujet de la Crise revient comme une antienne dans nos publications, nous rappelant ainsi qu’elle devient structurelle pour faire de l’incertitude une donnée stable de nos sociétés. Alors, la tendance est grande à vouloir structurer l’incertitude pour la réduire autant que possible mais nous pensons chez forhuman que l’incertitude n’est pas réductible à une stratégie ou à des process mais qu’il faut savoir l’habiter en se dotant de compétences, nouvelles pour certaines, anciennes pour d’autres, qui méritent d’être partagées. Voilà l’objet de ce numéro de #Perspectives
Commençons par l’article de Richard Lavergne « Qui porte la responsabilité ? » qu’il rédige comme une généalogie des pratiques visant à prévenir les risques psychosociaux en entreprise. Richard nous éclaire sur les tendances simplificatrices lorsqu’il s’agit de mettre en place des solutions concrètes et nous met en garde contre des solutions qui, en se trompant de problème, trahiraient la nature des phénomènes qui nous traversent. Cela sera le cas avec l’incertitude pour laquelle certains vous proposeront des solutions miracles. Chez forhuman, nous ne sommes pas des magiciens mais des artisans, les mains dans le réel du travail.
Cette réflexion est poursuivie dans l’article de Oscar GALA « Santé mentale : blanc ou noir ? » qui est un éloge de la complexité (E. Morin). Oscar nous montre que la santé mentale est à la fois un objet de la science et une logique de marché avec le risque que celle-ci finisse par travestir celui-là. Le risque serait que les pratiques de prévention et de promotion de la santé mentale en entreprise concourent à « responsabiliser à outrance l’individu en lui disant en creux : “Nous avons mis en place tout ce dont tu avais besoin pour supporter les problèmes organisationnels” ». Voilà la voie royale pour que la santé mentale persiste à marquer le délitement du lien social !
Amandine de SEPTENVILLE met en avant une notion qui nous est familière mais pourtant souvent inaccessible dans une période d’incertitude : La sérénité. Dans son article « La sérénité au cœur de l’agitation » vous trouverez des illustrations concrètes de pratiques qui permettraient d’agir dans le sens d’un apaisement. Amandine nous invite à penser la sérénité « comme un état de calme intérieur et de stabilité émotionnelle, dans lequel on se sent suffisamment en sécurité pour faire face à ce qui arrive, y compris aux difficultés et aux incertitudes ». Peut-être l’occasion de penser un objectif à côté des objectifs : Réussir, Performer … mais en Sérénité !
« Post-venir » ou intervenir après : voilà une autre notion qui mérite d’être mise en avant en cette période de crise. C’est ce que nous montre Medhi COHU dans son article « Crise : de quoi parlons-nous ? » dans lequel il alterne références théoriques et illustrations concrètes pour nous montrer que la période d’incertitude que nous traversons est aussi une période d’apprentissage. Considérons avec Medhi que l’après d’un événement est toujours l’avant du suivant et qu’apprendre d’une crise c’est se doter d’une certaine forme de robustesse à moyen et long terme. Pour Medhi, une crise « peut également constituer un moment d’apprentissage et de transformation organisationnelle si la crise est correctement gérée et que l’organisation est capable de faire les changements adaptés. »
Ne passez pas sur #Perspectives sans vous arrêter sur l’article de Olivier SCHLAUBERG, notre génie de la com’ chez forhuman qui vous invite à une lecture décalée des erreurs classiques en entreprise et que nous pourrions répéter dans ces périodes tendues. « Tout va beaucoup trop vite ! » s’exclame BERTHIER comme pour nous rappeler que l’incertitude est une accélération involontaire du temps qui accélère aussi, parfois, nos mauvaises décisions.
De ces articles se renforce la conviction que nous allons devoir une fois encore innover pour penser et fabriquer le travail autrement pour garantir un environnement de travail sécurisant. Habiter l’incertitude est un risque qui en vaut la peine. Lequel consiste à laisser aux salariés un espace d’auto-organisation pour qu’ils ajustent, régulent, déplacent, dépassent, … et inventent ce que nous allons devenir demain. Il faut pouvoir agir contre nature et accepter de ne pas tout contrôler pour permettre à l’imprévu de survenir. Et l’imprévu de devenir une solution. Et la solution de construire notre processus de robustesse. Et cette Robustesse de faire notre expression politique contemporaine de ce que Performer voudrait dire ! Ceci est un plaidoyer !
Bonne lecture



